Alice Pfeiffer, slasheuse culturelle

LE QUESTIONNAIRE DE P.

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11.03.2018

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La marche de manœuvre entre ce que l’on a à la naissance et ce que l’on montre aux autres. Ou encore la possibilité de changer, transformer, sublimer, projeter, laisser à montrer quelque chose de son choix, dans le cas idéal.  Je pense que c’est une enveloppe choisie, modulable selon les occasions au cours de la vie, pour donner une lecture un minimum choisie et consciente de soi aux autres.

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Zadie Smith, une écrivaine britannique que j’adore. Je la trouve extrêmement chic, extrêmement belle. C’est mon premier coup de cœur mode. Je me souviens d’une pièce de théâtre à laquelle elle assistait. Elle portait un turban dans les cheveux et arborait une espèce de grâce sans âge, comme si elle venait d’un autre siècle. Un visage de tragédienne. Pas un poil de maquillage. C’était si vif que ça se voyait, très gracieux et très fort en même temps.  A ce moment-là j’ai compris que ce n’était pas seulement le vêtement, mais aussi la façon de se tenir qui fait l’icône de mode. Il y a des gens comme ça qui ont une élégance naturelle.

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Cardi B, j’adore ! Parce qu’elle n’a pas peur de son passé, de l’avant et de l’après. Elle assume ses opérations de chirurgie esthétique, de s’être fait refaire le corps, les dents, elle assume son envie de gagner de l’argent. Elle veut montrer qu’elle est bonne, qu’elle a du succès. Il y a un truc très féministe dans son attitude.  Avant qu’elle soit connue, elle faisait des tutoriels de mode du genre comment s’habiller quand tu n’as pas de tunes. Elle a un vrai franc parler qui contrarie l’embourgeoisement général. Elle vient du Bronx, elle me fait délirer, je la trouve forte. Après, je pense vraiment qu’il faut activement chercher à déconstruire le concept de « trash », d’une frontière entre bon et mauvais gout. Le trash, comme le chic ne sont pas forcément opposés, figés, limités à quelques clichés. On peut être trash tout en étant tout en haute couture, et chic avec trois fois rien.

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C’était chez Uniqlo, un t-shirt heat-tech, en décembre dernier. J’achète le minimum absolu de fast fashion, des sous-pulls, des culottes, des chaussettes. Pour me justifier, je me dis que j’investis vers de la haute achat technologie parce qu’il y a marqué « tech. » D’une pierre plein de coups.

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J’aime bien plein de trucs… Adidas, pour le sportswear, j’en porte énormément, je pense que j’en rêvais quand j’étais ado alors je me rattrape aujourd’hui. Si j’avais un budget illimité, je porterais plein plein de Avoc, Koché, Y/Project, Noir/Noir ; j’aime leur force à redéfinir un paysage parisien loin de clichés touristiques.

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Rombaut, c’est une super marque végane, qui propose des baskets dans l’air du temps, avec du cuir d’ananas. Le produit est sexy, le message est formidable, ce genre de projet me donne beaucoup d’espoir dans le futur de la mode.

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A plat, oversized, confortable, adaptable, insalissable (bon, c’est plus de trois mots, ndlr).
Je suis un peu Mimi cracra, je ne sais pas comment font les filles qui sont constamment impeccables. Je vis à Montreuil donc ne repasse jamais chez moi une fois sortie, alors ma tenue doit pouvoir être un minimum adaptable à un rendez-vous de rédaction, une présentation de mode, ou un rendez-vous avec ma conseillère de La Banque Postale (qui me gronde jour et nuit).

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Sociologique ? Ce qui m’intéresse vraiment c’est le rôle du vêtement dans la société, ce qu’il révèle, ce qu’il permet, s’il est fétichisant ou inclusif, progressiste ou rétrograde.  Je ne suis pas une grosse shoppeuse, ce qui m’intéresse vraiment ce sont les enjeux sociaux autour de la fringue, que ce soit une tenue scolaire, religieuse, sportive. Que raconte ce que portent les gens à une époque donnée ? Comment se réapproprie chaque individu un même objet – car on s’habille tous fondamentalement pareil-, et qu’est-ce que ça révèle de ses rêves personnels, ses angoisses, son environnement.

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Un manteau d’homme. J’en ai eu un nombre incalculable. Il fait double emploi avec couverture et sac de couchage.

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Je ne sais pas si j’achète tant que ça de vêtements green, mais j’apprécie beaucoup de jeunes offres comme la géniale boutique Manifeste 011.  A titre personnel, je ne suis pas très dépensière, j’achète beaucoup de fripes et peu de neuf. Disons que j’ai un niveau intermédiaire.

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J’ai couvert quelques fashion weeks en Afrique, Johannesburg, Capetown, Tunis. J’aime beaucoup la marque Laurence Airline et je pense qu’il est grand temps que le luxe développe un circuit de production en Afrique pour le travail du cuir, des textiles. Il n’y a pas que le made in Italie qui vaut quelque chose. Maintenant, en tant que meuf blanche, j’ai parfois peur de tomber dans l’appropriation culturelle en portant certaines pièces wax.

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Selon moi, il ne s’agit pas uniquement d’égalité homme/femme dont c’est la base. C’est aussi prendre conscience d’une hiérarchisation appliquée par l’être humain à ses semblables. Je suis convaincue qu’il faut défendre un féminisme intersectionnel. On doit prendre en compte toutes les dimensions d’oppression qu’une personne peut subir. On ne peut être féministe sans être anti-raciste. Le féminisme, c’est penser à toutes les femmes que l’on n’est pas. C’est également le point de départ pour réfléchir à toutes les structures d’oppression, entre les classes, les races, tout autant que les genres.

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J’aimerais bien débattre de la mini-jupe avec une personne avec laquelle je suis en désaccord profond, comme une Eugénie Bastié (LOL) ou une Catherine Millet depuis sa tribune dans Le Monde, mais je choisirais plutôt Judith Butler qui a défendu une version très neutre du genre, hors féminin et masculin, et appartient à cette génération avant les féministes pro sexe, qui voyait dans la jupe une domination sur la femme.

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Chez ma mère, dans sa cuisine ! Sinon dans les endroits queer comme le bar la Mutinerie (situé dans le 3ème arrondissement de Paris, ndlr). C’est un bar LBGTQIA+ où tout est écrit en écriture inclusive. Le vin est pas cher, c’est de tout âge, de tout genre. Ou alors, dans ma chambre.

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Avoir bon cœur. Plus que la franchise ou l’intelligence qui en découlent bien souvent…

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L’intolérance.

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Elisa Dorlin, une philosophe française, connue pour ses essais sur le féminisme.

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Eric Fassin, un sociologue français engagé dans le débat public. Et l’écrivain marocain formidable Abdellah Taïa.

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Lilith, la première femme d’Adam, rebelle, bannie du Paradis… elle est formidable !

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Christophe Colomb, le premier des colons !

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E.L. James, l’auteure des 50 Nuances de Grey… C’est sexiste mais c’est hilarant et un formidable outil sociologique qui s’ignore !

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J’ai toujours été très à l’aise avec les codes assignés à mon genre, ce qui est un privilège, j’en ai conscience. J’adore acheter du maquillage et plus jeune je pleurais quand on me coupait les cheveux… Je ne sais pas si ça fait de moi une femme-né, cela dit…

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A la fois enthousiasmé et angoissé. Je suis en train d’écrire mon premier bouquin, ce qui est une expérience enthousiasmante car j’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup lu pour nourrir ma pensée, mais paradoxalement angoissante parce que j’ai une deadline et que je me mets un peu à nu, comme jamais auparavant…

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Le bavardage, parce que je suis moi-même une grande pipelette.

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L’absence d’inquiétude, le vivre dans le moment, sans projection ou nostalgie.

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C’est terrible comme question… Perdre un enfant ou des personnes très proches…

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Dans l’immédiat, je déménagerais dans une autre métropole, New York pré-Trump peut-être, ou en Amérique Latine.

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Dans mon sommeil sans que je m’en rende compte. Je suis absolument terrifiée par la mort, cette simple question me donne la chair de poule !

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J’avance sur mon bouquin, j’ai un chapitre à finir ! Je lis les métamorphoses du gras de George Vigarello qui traite de l’histoire de l’obésité du Moyen Age au 20ème siècle. Sinon je vais manger le restant de mon houmous !

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